Arts, Cultures, Consommations

 

Inscription culturelle des sciences : les rapports entre mondes scientifiques et mondes culturels
Andrée BERGERON, Delphine SAURIER, Soraya BOUDIA (IRIST, Strasbourg)

Objectif, questions
Cette recherche s’inscrit dans la continuité de travaux antérieurs consacrés aux articulations entre science et culture (action culturelle universitaire, patrimoine scientifique, description du réseau de la culture scientifique). L’objectif général est d’analyser le mouvement qui conduit aux modalités actuelles d’inscription culturelle des sciences, à savoir l’ensemble des processus, matériels ou immatériels, qui ont pour effet l’introduction dans les mondes culturels de savoirs, lieux, objets, figures appartenant aux mondes scientifiques. et qui met en avant l’entreprise scientifique, non seulement en tant qu’elle produit des savoirs qu’il convient de répandre, mais aussi comme source de valeurs imprégnant la culture (et dépendant de celle-ci). Il s’agit à la fois d’identifier et d’analyser des mutations en cours dans les rapports entre mondes scientifiques et mondes culturels et de renouveler la réflexion théorique sur la question « science et culture ».
Pour cela, nous nous proposons, d’une part de retracer les évolutions des représentations de la culture dans les communautés scientifiques en s’attachant à mettre en perspective ces représentations avec les différents sens attachés au concept de culture et, d’autre part, d’étudier un ensemble d’actions et de réalisations matérielles (lieux, œuvres, objets) afin d’éclairer l’évolution des modalités d’inscription culturelle des sciences. Nous nous demanderons notamment si l’incursion des communautés scientifiques dans la sphère culturelle se fait en reprenant formes et styles développés dans les champs plus traditionnellement pris en charge par la culture ou si, au contraire, elle s’accompagne de l’émergence de médiations spécifiques.


Description, méthodologie
1. Étude des représentations de la culture dans les communautés savantes. Il s’agit d’identifier dans les discours des acteurs, historiques ou contemporains, leurs représentations de la culture et d’analyser la façon dont elles modèlent ou ont modelé leurs actions. Nous nous intéresserons aussi bien aux représentations contemporaines (analyse d’entretiens réalisés auprès des communautés savantes) qu’à des moments historiques particuliers, notamment le début des années 80, pour lequel nous disposons de nombreuses traces écrites.
2. Étude comparative de lieux de mémoire scientifiques, dans une perspective comparatiste avec les lieux de mémoire littéraire, afin de souligner et de différencier ce qui relève spécifiquement du champ scientifique.
3. Études socio-historiques de cas (patrimoine scientifique, naissance du réseau des CCSTI). Nous cherchons à comprendre les liens entre les différents réseaux d’acteurs (appartenant aux mondes scientifiques ou aux mondes culturels) ainsi qu’à identifier les relais, matériels ou humains, qui contribuent à l’investissement du champ culturel par les communautés scientifiques.


Publications
- Bergeron (Andrée), 2003, « Culture of knowledge : French universities and PUS », in Ulrike Felt (dir.), Optimising Public Understanding of Science and Technology in Europe : Final Report, p. 335-340.
- Bergeron (Andrée), à paraître, « La danse jubilante ou Cortázar critique de science », Alliage, n°57.

Communications
- Bergeron (Andrée), avril 2004, « Patrimoine universitaire et inscription culturelle des savoirs », Regards sur le patrimoine culturel des universités, Séminaire national interministériel Ministère de la Culture et de la Communication - Ministère de la Jeunesse, de l’Éducation Nationale et de la Recherche, Lille
- Saurier (Delphine), avril 2004, « Les patrimoines littéraires et scientifiques selon leurs publics », Regards sur le patrimoine culturel des universités séminaire national interministériel Ministère de la Culture et de la Communication - Ministère de la Jeunesse, de l’Éducation Nationale et de la Recherche, Lille