Arts, Cultures, Consommations

 

Les usages automobiles en ville : perception des risques environnementaux et énergies alternatives
Stéphanie VINCENT (thèse sous la direction de Dominique DESJEUX)

Objectifs, questions
Face à l’augmentation croissante de la pollution dans les grandes villes, l’usage de l’automobile devient un enjeu environnemental et politique important. Or, du point de vue de l’usager, la décision d’abandonner l’usage de la voiture doit prendre en compte les contraintes de l’usager, ses interactions quotidiennes, ses temporalités de vie. En effet, une décision n’est jamais un acte isolé mais un processus. Notre travail est donc centré sur l’analyse de ce processus. Qu’est-ce qui amène les usagers à abandonner leurs voitures en ville ? Quelles sont les pratiques de mobilité substituées à la voiture ? Pourquoi d’autres usagers ne prennent-ils pas la même décision ? Quelles sont les contraintes qui pèsent, dans chacun des cas, sur la décision ? Quelles sont les logiques sociales à l’œuvre dans ce processus ? Comment les représentations liées à l’automobile et à ses incidences sur l’environnement et la santé jouent-elles également dans la prise de décision ? Il s’agit donc de comprendre les processus d’évolution de pratiques de mobilité tout au long du cycle de vie mais aussi la cohabitation de divers moyens de transports chez un même individu et collectivement : Comment les divers moyens de locomotion cohabitent-ils pour chaque individu, dans les pratiques et usages quotidiens ? Et comment s’articule cette diversité au sein de l’espace urbain ? Comment gérer, collectivement cette fois-ci, les territoires attachés à chaque type de locomotion ? Nous chercherons également à rendre compte des « unexpected effects » entraînés par la mise en place de dispositifs contraignants pour les automobilistes, qui réinterprètent et contournent alors ces dispositifs. Au-delà de ces analyses et pour les compléter, il convient d’articuler les représentations aux pratiques des usagers. Et tout d’abord, les représentations de l’automobile elle-même et d’un éventuel risque associé. Les usagers ont-ils conscience d’un risque en lien avec l’automobile, en espace urbain ? S’agit-il d’un risque proprement lié à la pollution ou bien à la sécurité ? Comment la santé intervient-elle dans cette perception des risques ? Comment ces opinions et représentations interfèrent-elles avec les pratiques ?

Méthodologie
Différentes méthodes seront mobilisées pour notre travail : histoires de vie centré ; entretiens semi-directifs sous forme d’itinéraires ; observations ; photographies et/ou vidéo