Ingénieur Travaux Publics de
l’Etat (Ministère de l’Equipement)
Thèse
Le
DNA et l’accès au logement : enquête sur
les relations entre l’Etat et les réfugiés
statutaires
Objectif,
questions
L’accès au logement pour les réfugiés
qui viennent d’obtenir leur statut auprès de
l’OFPRA ou de la Commission de Recours des Réfugiés
est indéniablement un facteur clé dans leur
parcours d’insertion, condition même pour la réussite
de celui-ci. Il existe au sein du Dispositif National d’Accueil
ou indépendamment de celui-ci un certain nombre de
dispositifs permettant de favoriser l’accès au
logement pour les réfugiés, que ce soient des
dispositifs spécifiques (comme les Centres Provisoires
d’Hébergement, programme Clé de France
de France Terre d’Asile, Accelair de Forum Réfugiés,
etc.) ou de droit commun (ALT, baux glissant, sous-location,
etc.). Même si la population concernée est assez
marginale numériquement, elle constitue un analyseur
de choix de l’ensemble des dispositifs recouvrant l’accueil
des populations marginales, dont le « logement très
social ». C’est en ce sens que ce sujet a un intérêt
à être approfondi.
Un des dispositifs étudiés est le Centre Provisoire
d’Hébergement (CPH), dispositif d’hébergement
provisoire spécifique aux réfugiés qui
ont obtenu le statut, permettant de mettre en place les démarches
de recherche de logement et d’insertion professionnelle,
en bénéficiant d’un suivi rapproché.
Mais l’observation de ce type de structures permet de
s’interroger sur la véritable utilisation qui
en est faite, et qui place l’hébergé dans
une situation de dépendance, d’infantilisation.
L’utilité de cette étape est de plus en
plus remise en question.
Au-delà de cette seule question des CPH, on peut s’interroger
sur l’utilisation des dispositifs temporaires en général
(baux-glissants, sous-location, logement relais,…).
L’utilisation de ces dispositifs semble correspondre
à une réponse à la pénurie de
logements sociaux plutôt qu’à un réel
besoin d’étapes supplémentaires pour les
personnes concernées. Le logement temporaire devient
donc « logement probatoire » comme le nomme Elisabeth
Maurel, avec « tutelle sociale » : le réfugié
doit prouver qu’il est apte à entrer dans un
logement autonome. Il s’agit d’abord d’une
demande des bailleurs, mais finalement soutenue par les associations
qui se retrouvent contraintes de jouer le jeu.
A partir de quelques études de dispositifs de terrain,
on peut interroger le système d’accueil français,
qui se repose sur les associations qui gèrent le Dispositif
National d’Accueil sur le terrain. Sur ces questions
d’insertion, d’accès au logement, l’interlocuteur
des réfugiés n’est pas l’Etat mais
les associations qui se font professionnelles du droit des
étrangers et de leur accueil. Il s’agit d’une
véritable délégation de charges qui a
un certain nombre de conséquences étudiées
dans le cadre de ce doctorat.
Description,
méthodologie
L’étude se concentre sur l’Ile-de-France
où l’accès au logement social est particulièrement
difficile. Le nombre restreint de places d’accueil pour
les réfugiés statutaires dans les structures
collectives du DNA incite les associations à utiliser
d’autres dispositifs de droit commun : logements temporaires
financés par l’ALT, baux glissants et sous-location
subventionnés par le FSL, mise en place de conventions
avec les bailleurs sociaux, mais aussi, et de plus en plus,
recherche dans le secteur privé.
L’étude exhaustive de toutes les associations,
de tous les dispositifs existants et de leur évolution
dans le temps serait impossible. Après les rencontres
avec des représentants des institutions concernées,
un travail de terrain approfondi a donc été
effectué sur un certain nombre d’associations
qui hébergent et/ou proposent un suivi dans la recherche
de logement et qui présentent des caractéristiques
différentes : nombre de salariés, ancienneté,
dispositifs utilisés, public suivi. En plus d’un
travail d’observation au sein de ces structures, des
entretiens individuels semi-directifs sont réalisés
avec les directeurs, les travailleurs sociaux et un échantillon
de réfugiés qui bénéficient des
services de ces associations.
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