2006 - 2007 Paris V
– René Descartes
M2R « Sociologie des sociétés contemporaines
»
2003
- 2004 Paris I – Panthéon-Sorbonne
DESS « Economie de l’aménagement et du
développement local »
1999 -
2003 IPAG - Institut de Préparation à l’Administration
et la Gestion - Paris
Diplôme de gestion - Spécialisation en «
création/gestion de PME »
Projet
de thèse
L’individualisation
des adolescents dans les familles recomposées à
Paris
Plus
systématiquement qu’une autre, la famille recomposée
est « relationnelle »(1) puisqu’elle n’est
pas principalement légitimée par des liens de
parenté entre ses membres. En outre, elle offre à
l’adolescent des possibilités de négociation
probablement plus grandes que les autres formes familiales,
dans le sens où celui-ci peut faire valoir ses arguments
auprès de son père et de sa mère et placer
ses parents « en concurrence » pour répondre
à sa demande.
Par ailleurs, la distance géographique qui sépare
les domiciles des deux parents favorise probablement les possibilités
de « s’échapper » pour l’adolescent.
La famille recomposée présente donc, a priori,
des caractéristiques favorables à l’individualisation
des adolescents. Néanmoins, cette potentialité
« autonomisante » ne va pas de soi et demande
à être actualisée. La recomposition familiale
est simultanément génératrice de troubles
et d’instabilité pour l’adolescent : la
relation au beau-parent reste le plus souvent problématique(2)
si bien que l’adolescent peut éprouver quelques
difficultés à se sentir en toutes circonstances
« chez lui » au sein du domicile de ses parents
; l’éloignement des domiciles parentaux est susceptible
d’affecter ses relations amicales et de remettre en
cause la pratique de ses activités extra-scolaires
(impossibilité d’adhérer à deux
clubs sportifs en même temps, de suivre des cours de
musique dans deux structures différentes, ...). Il
apparaît que si la mobilité n’est pas «
pensée », si elle se limite à une obligation
pour l’enfant de faire des allers-retours entre les
domiciles de ses parents, ses conséquences seront délétères
pour la construction identitaire de l’adolescent. Et
pourtant, « la mobilité constitue [pour les jeunes]
leur mode particulier d’appréhension et de reconstruction
de leurs espaces de vie et de leurs identités »(3).
En définitive, la recomposition familiale affecte manifestement
l’individualisation des adolescents à plusieurs
titres, et il convient de vérifier auprès des
adolescents eux-mêmes la nature véritable de
ces incidences.
(1)
Singly de F. ( 2005), Sociologie
de la famille contemporaine, Armand Colin, paris
(2)
Cadolle S. (2001), « La
beau-parentalité : le point de vue des enfants »,
in Le lien familial, Singly de F. et Mesure S. (dir),
PUF, Paris
(3) Le
Breton E. (2005), Bouger pour s’en sortir –
Mobilité quotidienne et intégration sociale,
Armand Colin, Paris
Réponse à un
appel d’offre de la Ville de Paris sous la direction
de François
de Singly et d’Elsa
Ramos
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