2003-2006 : Magistère
de sciences sociales appliquées à l’interculturel
dans les organisations, la consommation et l’environnement
(Université René Descartes Paris 5-Sorbonne).
Mention : Très Bien.
2005-2006 Master
2 recherche « Sociologie des sociétés
contemporaines ». Mention : Bien. (Université
René Descartes Paris 5-Sorbonne)
2004-2005 Master
1 de sociologie. Mention : Bien. (Université René
Descartes Paris 5-Sorbonne)
2003-2004 Licence
de sociologie. Mention : Assez Bien. (Université
René Descartes Paris 5-Sorbonne)
Projet
de thèse
« Le budget des
Français consacré aux jeux d’argent
a doublé en 25 ans », tel est le constat
réalisé par le quotidien Le Monde en Mai 2005.
Les jeux de hasard et d’argent constituent en effet
un phénomène majeur, sur le plan sociologique
et économique. En 2006, les Français ont misé
chaque jour 55,6 millions d'euros dans les jeux de la Française
des Jeux (FDJ), du PMU et des casinos. Les trois grands
opérateurs ont enregistré une recette totale
de 20,3 milliards d'euros : 9,5 milliards pour la FDJ et
ses 40.000 points de vente ; 8,1 milliards pour le PMU,
ses 225 hippodromes et ses 8.881 points de vente ; 2,7 milliards
de produit brut des jeux (différence entre mises
et gains) dans les 193 casinos (19.000 machines à
sous). La multiplicité et le renouvellement des jeux
d’argent, la grande accessibilité des points
de vente et une précarité grandissante sont
les raisons affichées et relayées par les
médias pour expliquer cette popularisation des jeux
d’argent. Si, pour la majorité des joueurs,
le jeu reste une activité de loisir, le phénomène
de la dépendance aux jeux d’argent progresse,
et devient une préoccupation majeure chez les opérateurs
de jeux, en particulier la Française des Jeux.
Cette thèse de doctorat, réalisée en
Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE)
avec la Française des Jeux est consacrée à
l’analyse de la construction sociale de la notion
de dépendance aux jeux d’argent en France.
Il s’agira de comprendre, en s’inspirant d’Howard
Becker, quelles sont les composantes qui permettent de catégoriser
un joueur comme « dépendant », et de
quelle manière ce comportement dit « excessif
» face au jeu est considéré ou construit
comme une déviance par rapport à une norme
de jeu modéré. Cette compréhension
s’opérera en amont d’une part, en distinguant
les « entrepreneurs de morale » qui ont impulsé
et communiqué sur cette notion -dans un souci sanitaire
pour le champ médical et plutôt stratégique
pour certains opérateurs de jeux- en aval d’autre
part, en analysant de quelle manière les joueurs
eux-mêmes évoluent dans un espace social aux
frontières clairement délimitées (le
point de vente) qui est très normé, conséquence
du traitement médiatique du sujet de la dépendance
mais aussi de la perception historiquement et culturellement
négative des jeux d’argent dans leur ensemble.
Cette étude se basera sur un enquête de terrain
au cours de laquelle seront réalisés une quarantaine
d’entretiens semi directifs avec des joueurs des produits
distribués par la Française des Jeux, dans
différentes régions françaises, associés
à des observations ethnographiques au sein même
des points de vente. Il s’agira également de
rencontrer les acteurs clés en lien avec ce phénomène
de dépendance aux jeux d’argent au sein de
la Française des Jeux, dans le milieu médical
et de la recherche (psychiatres, psychologues), dans la
société civile (associations en lien avec
cette problématique) et dans les institutions publiques,
en particulier les membres du Comité consultatif
pour la mise en œuvre de la politique d’encadrement
des jeux et du jeu responsable (COJER) mis en place par
le Ministère des Finances en 2006.
La collecte des entretiens de ces divers acteurs, situés
à plusieurs niveaux de la société et
ayant de ce fait des enjeux et des stratégies différents,
nous permettra d’analyser le système d’actions
qui se crée autour de cette notion et les conséquences
que ces interactions ont sur les joueurs eux-mêmes.